mardi 25 mars 2014

Une secrétaire particulière...


En fin de semaine, un débat houleux a animé notre souper familial. Ma mère, enseignante au primaire, racontait qu’une secrétaire d’une école secondaire avait été licenciée lorsque la direction a appris qu’elle était aussi une actrice pornographique. En effet, des élèves, l’ayant reconnue dans un de ses films, avaient propagé la nouvelle.

Ma mère se révoltait qu’on mette à la porte une secrétaire, pourtant reconnue pour son efficacité et son professionnalisme. « Ce qu’elle fait dans sa vie privée ne regarde qu’elle » avait clamé ma mère. Pourtant, je n’arrive pas à être d’accord. Ce type de profession reste un sujet délicat, surtout dans une école secondaire où les élèves commencent à découvrir leur sexualité. La nouvelle étant rendue publique, il était impossible pour la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) de la garder à leur service. De plus, la secrétaire avait clairement signifié ne pas vouloir arrêter ses activités. En bonne fille de communication, je pense que l’image de la CSRS aurait été entachée en la gardant à son service.

Après la polémique entourant Mme Croteau, attachée de presse de la CAQ qui avait été remerciée après des révélations à la radio sur ses pratiques sexuelles, pensez-vous que nous avons un malaise sociétal lorsqu’il s’agit de sexualité ? Que pensez-vous de cette situation ?


2 commentaires:

Caroline Savard a dit…

Je pense aussi que la commission scolaire n’avait pas d’autre choix que de remercier cette secrétaire. En acceptant un employé en son sein, une organisation assume aussi une partie de la réputation de celle-ci. Cependant, si cette employée exerce une sous-profession ou des loisirs qui déteignent sur ses fonctions publiques, la compagnie qui emploie la personne doit prendre une décision la concernant. Il est impérial de soigner son image et ses décisions lorsqu’on exerce une fonction avec le public, d’autant plus lorsque ce public est constitué d’enfants.

Dans le cas de cette secrétaire, son image est porteuse de sens au sein de la commission scolaire, car il s’agit d’un lieu d’enseignement, d’éducation et de formation. À l’école, on cherche à fournir des modèles de cheminement de vie aux jeunes, à leur faire valoir les choix d’une vie saine. Bien que l’industrie de la pornographie ne soit pas illégale, elle ne véhicule pas les valeurs que veulent transmettre les écoles, tout comme c’est le cas de l’industrie du tabac, par exemple.

Pour ce qui est du cas de l’attaché de presse de la Coalition Avenir Québec, le problème est différent, selon moi. Le fait que la jeune femme parle de ses pratiques sexuelles à la radio était une très mauvaise décision, mais ce n’est pas exactement dans la nature de ses propos que se situe le vrai problème. Quiconque travaille dans le milieu politique est appelé à prendre des décisions dont les répercussions sont publiques. Le fait que cette jeune femme ait décidé de parler à la radio était une erreur, mais plus grande encore l’était celle de divulguer le nom de son employeur en ondes. Quelqu’un qui prend de si mauvaises décisions ne prouve pas qu’il puisse effectuer un travail dont les décisions ont une répercussion sur la société.

Priscille Gélinas a dit…

Pour ma part, je pense que le problème principal dans cette histoire c’est le manque de jugement de la secrétaire. Marie-Hélène, ta mère disait que « ce qu’elle fait dans sa vie privée ne regarde qu’elle » en faisait référence à la professionnelle et je suis parfaitement d’accord. Le hic ici c’est que la pornographie qui se retrouve sur Internet ça ne fait pas partie de la vie privée. Tout le monde sait que le Web est le plus gros portail public de communications. Donc, si les images qu’elle a tournées étaient restées privées, il n’y aurait eu aucune répercussion à ses actions. Par contre, le fait de rendre la vidéo publique vient complètement changer la donne. C’est à ce moment-là qu’un manque de jugement a, selon moi, été opéré.