dimanche 23 mars 2014

Ma vie ou mon travail?

Ma mère me racontait récemment une anecdote qui me fit énormément réfléchir.

Maman enseigne dans une école primaire, en 5ème année. Elle a vu défiler plusieurs directrices et directeurs à cette école, puisque ses trois enfants y ont d'abord complété toute leur éducation primaire, avant qu'elle-même y soit enseignante depuis les 12 dernières années. Elle est donc bien au fait de ce qui est acceptable ou non pour la direction scolaire. 

Une de ses collègues, appelons-là Nancy, a eu 40 ans il y a un mois. Depuis des années, Nancy et sa meilleure amie se jurait de partir en voyage dans le sud ensemble pour leur anniversaire. Le moment était donc venu pour Nancy d'aller siroter un mojito au soleil, tel que convenu depuis des années. 
Le voyage est acheté, la planification est complétée pour la suppléante, qui est d'ailleurs déjà au courant qu'elle remplace durant une semaine dans cette classe de 3ème année. La commission scolaire a accepté la semaine de vacance de Nancy, celle-ci ayant droit à 5 jours de vacances rémunérés suite au travail d'une stagiaire dans sa classe durant l'année scolaire. En d'autres termes, il ne reste qu'à enfiler son maillot de bain pour que Nancy soit complètement prête à profiter de son voyage. 

Environ 2 semaines avant son départ, le directeur de l'école apprend entre les branches que Nancy part dans le sud avec son amie. Pour une raison qui est inconnue de tous, celui-ci refuse que l'enseignante parte. Nancy n'a donc d'autre choix que d'annuler son voyage et de dire adieu à son teint bronzé. 
Déjà à ce moment, je sentais l'outrance couler dans mes veines. Jusqu'à ce que ma mère, tout aussi offusquée que moi, ajoute l'information qui me pousse à écrire ce billet. 

Le directeur, tout en prenant tranquillement son café dans la salle des enseignant un beau matin, annonce à tous ceux présent qu'il sera absent la semaine suivante. Sa raison: un voyage dans le sud avec sa douce. 

Non seulement il a interdit à Nancy de partir en voyage pour aucune raison valable, il prend lui-même congé durant la même semaine pour partir au soleil. Il est important de savoir que l'enseignante et le directeur peuvent très bien partir durant la même semaine, sans aucune conséquence néfaste, et qu'il ne tient pas de la responsabilité du directeur de l'école d'accorder les vacances des enseignants, mais bien de la commission scolaire. 

Alors, depuis le moment où ma mère m'a raconté cette histoire, une question bien simple me trotte dans la tête: Pourquoi? 

Pourquoi le directeur considère que LUI a droit à des vacances, mais pas Nancy? 
Pourquoi Nancy s'est-elle laissée dire non? 
Pour qui le directeur se considère-t-il pour ainsi interdire à un autre humain le plaisir d'avoir des vacances alors que lui même se le permet? 
Quelle est réellement la limite entre le pouvoir qu'une figure d'autorité a et croit avoir?
Est-ce éthique, de la part du directeur, d'interdire le voyage d'une collègue, pour ensuite annoncer d'une manière anodine, que c'est lui qui partira durant cette semaine?
Nancy considère-t-elle son travail plus important que sa vie? 

Qu'en pensez-vous? Qu'auriez-vous fait à la place de Nancy?

2 commentaires:

Vanessa Guy a dit…

Je trouve cette situation injuste comme toi.

Être à la place de Nancy, j'aurais été m'assoir dans le bureau du directeur afin de savoir ce qui le motive à refuser mes vacances et je lui aurais expliqué mon point de vu afin qu'on en vienne à une entente. Avant de baisser les bras, j'aurais tout essayé pour avoir droit à la semaine de vacances que je mérite autant que lui.

Laetitia Dupouy a dit…

Je pense aussi que c'est injuste. Comment abuser de son autorité sur ses employés.

Comme l'a dit Vanessa, elle aurait dû se battre pour ses vacances en demandant des explications. À sa place, j'aurai demandé les raisons valables du directeur à refuser (à la dernière minute) des vacances qui étaient déjà payées.

Elle peut sinon faire une plainte maintenant qu'elle sait que le directeur a pu prendre des vacances pendant la même semaine alors qu'on les lui a refusé