samedi 15 mars 2014

Faut-il donner en voyage?

Je suis tombée sur cet article paru dans La Presse il y a quelque temps et je l’ai trouvé vraiment intéressant. Est-ce qu’il faut donner de l’argent ou des biens en voyage est la question que la journaliste se pose.

Elle explique que les voyageurs donnent de l’argent ou des effets personnels à des gens lorsqu’ils font des voyages sans se rendre compte du geste qu’ils posent réellement. Est-ce que ces voyageurs aident vraiment ces enfants ou ces gens en leur donnant n’importe quoi ? 

Difficile de répondre à la question.

Le coordonnateur de l’Association pour le tourisme équitable et solidaire (ATES), Julien Buot, estime pour sa part que le problème provient des touristes et non pas des populations locales qui pourchassent les voyageurs pour quelques dollars. « On veut soulager sa conscience, sauf qu’en offrant quelque chose sans connaître les gens et leur situation, à la va-vite, sous prétexte que nous avons plus d’argent qu’eux, on affiche notre soi-disant supériorité et on rend les gens dépendants. »

Cette dépendance peut ensuite être néfaste pour le tourisme ou pour l’industrie locale de certains pays en voie de développement.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’article.

Qu'en pensez-vous? 

4 commentaires:

Stephanie Bureau a dit…

Je crois qu’il s’agit d’un phénomène socioculturel ancré dans ces pays depuis déjà trop longtemps. Arrêter de donner du jour au lendemain en laisserait plusieurs sous la faim, et ce, pendant plusieurs semaines, voir des mois le temps que la population se ressaisisse. En même temps, je suis d’accord avec le fait qu’en donnant à des inconnus, sans connaître ce qui les a menés dans un tel train de vie, c’est entretenir un réel problème chez les pays les plus appauvris.

C’est bien connu : les blancs inspirent la richesse. Dès lors, il devient difficile de réellement faire comprendre l’impact de ce petit geste — que l’on croit anodin d’ailleurs — tant aux Occidentaux qu’aux pays dans le besoin. Pour avoir parcouru une partie de l’Indonésie, je me souviens de quelques villes où le tourisme battait son comble. Il n’y avait pas moyen de se promener paisiblement dans les villes. Les enfants tant que les adultes mendiaient constamment. Alors que je me souviens d’autres villages, moins envahis par les touristes, où les gens s’intéressaient réellement à nous et à la culture canadienne, et pas seulement à notre porte-feuille.

Cela dit, ce n’est pas parce que c’est une idéologie qui se répand depuis longtemps qu’il ne faut pas tenter de l’arrêter! Petit à petit, en faisant comprendre à l’industrie touristique qu’il est mauvais pour ces sociétés que de tout se faire donner, alors je crois qu’avec de la patience nous pourrons en arriver à un changement intéressant.

Marie-Sophie Côté a dit…

Je crois que ce phénomène dure depuis que les voyages sont accessibles pour la classe moyenne des pays développés.

Par contre, est-ce que la dépendance de certaines populations face aux biens reçus est nécessaire?
Je suis d'avis que plusieurs individus de ces pays à destination touristique ont besoin de cela pour vivre.
Par contre, le problème se pose à plus long terme, et c'est ce qui fait le réel problème.

Je suis d'avis qu'il faut être intelligent lorsque nous donnons des objets dans des plus pauvres. Certains peuvent aider réellement, alors que d'autres, ne fait qu'accentuer la marche entre les pauvres et les riches. Ne pas arrêter tout du jour au lendemain, mais conscientiser les voyageurs des possibles conséquences de ce gestes qui leur parait anodin.

Valérie LeBlanc a dit…
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Valérie LeBlanc a dit…

J'ai souvent eu cette réflexion la lorsque j'étais en voyage et il m'est arrivé de me dire qu'on se croyait peut-être supérieur en offrant de l'argent aux habitants des pays en voie de développement.

Toutefois, je suis allée à Cayo Santa Maria en janvier dernier et j'ai fait un "tour" avec une cubaine d'origine qui nous a beaucoup parlé à propos des divers problèmes de son pays. Nous avons abordé à un certain point le sujet des donations monétaires et ou encore matérielles.

Mon exemple s'applique uniquement à Cuba, mais là-bas comme vous le savez probablement, il y a deux types de monnaie, les convertibles pour les touristes et les pesos cubains pour les habitants. Il existe ainsi deux types de boutiques/magasins où il est possible de faire l'acquisition de biens, un type où l'on paie en convertibles et un où l'on paie en cubains. Les produits que l'on retrouve dans les boutiques où on paie en cubains offrent des produits bas de gamme très peu efficaces (ex: savons, déodorants, crayons, etc.) alors que les magasins où l'on paie en convertibles se retrouvent des produits de qualités (marques connues et fiables), mais à des prix exorbitants.

Dans cette situation-ci, il peut être intéressant de donner des produits d'hygiène corporelle ou des fournitures scolaires de bonne qualité puisqu'il est difficile et cher de s'en procurer pour eux. De la même manière, les dons en convertibles sont plus qu'appréciables puisqu'ils permettent l'achat de produits de qualité supérieure.

En somme, je crois qu'il est important de bien connaître la réalité de la destination vers laquelle nous nous envolons afin de décider quel comportement adopter vis-à-vis leur situation socio-économique. Il serait assez illogique d'adopter le même comportement à chaque destination puisque chacune comporte des réalités différentes et propres à elles-même. Il s'agit avant tout d'adopter une attitude respectueuse et responsable envers la population hôte.