mardi 11 mars 2014

Des « mini-miss » au Québec, vraiment ?

En septembre dernier, une certaine controverse a fait surface dans l’espace médiatique québécois. Le sujet ? L’entrée des contestés concours de beauté pour bébés de quelques semaines et pour enfants de tout âge au Québec. Même si l’évènement s’est déroulé il y a un certain temps, je trouvais que, côté éthique, il était toujours d’actualité.

En effet, à l’époque, « Miss All Canadian Pageants, un organisme qui se décrit comme le plus important organisateur de concours de beauté aux enfants au pays, [songeait] à mettre sur pied des concours au Québec » (Lefebvre, 2013 : en ligne).  Depuis cette annonce, de nombreux Québécois et Québécoises se sont vivement opposés à ces concours. Sans le mentionner clairement, il est évident que la dimension éthique de ces évènements a soulevé de multiples questionnements. Chaque position apporte son lot d’arguments. Les personnes qui sont en accord affirment que cela permet aux jeunes filles de « développer leur confiance en elle, de forger des amitiés, de développer leur esprit d'équipe et d'apprendre à s'exprimer en public » (St-Pierre, 2013 : en ligne), alors que les personnes en désaccord déclarent que leurs enfants se font déjà assez juger par rapport à leur apparence à l’école et que cela mine leur confiance en soi. Plusieurs personnalités du Québec ont affirmé que ces concours « renforcent l'obsession généralisée de l'image corporelle, établissant plus ou moins directement un lien entre jeux de séduction, volonté de plaire et nécessité de consommer » (St-Pierre, 2013 : en ligne). Une pétition a d’ailleurs été lancée par Léa Clermont-Dion, responsable de la Charte pour une image corporelle saine et diversifiée.

De mon point de vue éthique, est-ce acceptable ? Je suis d’avis que non, les concours de ce genre ne devraient pas avoir lieu au Québec, ni même ailleurs. L’entreprise Dove s’active à organiser des journées consacrées aux jeunes filles, dans lesquelles il leur est possible de développer leur confiance et leur estime de soi. Des concours de ce genre ne servent qu’à miner les efforts de cette entreprise. Le Québec avait déjà fait un pas en avant dans la grande foulée des stéréotypes et des modèles féminins par l’adoption de la Charte pour une image corporelle saine et diversifiée. Avec ces concours, c’est de plusieurs pas que recule le Québec.

Bien que ces derniers n’aient finalement pas lieu au Québec, croyez-vous que des évènements de ce genre ont leur place ?

Sources : 

Lefebvre, Sarah-Maude. 2013. « Des mini-miss québécoises ». Journal de Montréal. 7 septembre. En ligne. http://www.journaldemontreal.com/2013/09/07/des-mini-miss-quebecoises. Consulté le 16 janvier 2014.


St-Pierre, Caroline. 2013. « Plus de 35 000 Québécois contre la tenue d’un concours "mini-miss " ». La Presse Canadienne. 26 septembre. En ligne. http://www.lapresse.ca/actualites/national/201309/26/01-4693557-plus-de-35-000-quebecois-contre-la-tenue-dun-concours-mini-miss.php. Consulté le 16 janvier 2014.

4 commentaires:

Philippe Baillargeon Bouchard a dit…

Absolument pas. Le culte de la beauté constitue selon moi l'un des fléaux de notre ère, jusqu'à un certain point. Toutes formes de média accentuent déjà cette tendance en promouvant des idéaux physiques inaccessibles. À l'égard des enfants, une telle initiative ne risque que de d'altérer leur conception de la vie, comme quoi la beauté prévaudrait sur l'intelligence. D'une telle croyance découlerait éventuellement une certaine frivolité d'esprit. Veut-on vraiment affliger les générations futures d'une telle inclinaison pour le superficiel?

Camille Marcotte a dit…

Je crois moi aussi que les concours de mini miss n'ont pas leur place au Québec, ni au Canada. Bien que ce type de concours peut avoir un certain nombre de retombées positives auprès des jeunes participants, je crois que les retombées négatives sont trop importantes pour que ces concours puissent avoir lieu. Trop d'enfants sont soumis à d'importantes pressions pour performer dans toutes sortes de disciplines et avec des horaires extrêmement exigeants. Il ne faut pas encourager cette culture de la performance chez l'enfant avec ces concours. Il existe une obsession chez certains parents à faire de leurs enfants des extensions d'eux-mêmes, qui réussiront là où eux-mêmes ont échoué. Il ne faut pas que soit institutionnalisé ces pratiques.

Finalement, je ne crois pas que l'influence de ces concours sur des démarches comme l'initiative vraie beauté de Dove soit un argument de poids dans ce débat. Dove est une compagnie qui appartient à Unilever, propriétaire de Axe, qui utilise l'image de la femme-objet pour vendre des produits pour le corps pour homme, et de Slim-Fast, qui encourage la perte de poids peu importe sa silhouette. Bien que j'apprécie l'initiative de Dove, il faut bannir les concours de mini-miss pour de meilleures raisons.

Melissa Boivin a dit…

Tout comme vous tous, je suis d'avis que ce type de concours n'a pas sa place au Québec. Ces concours renforcent le désir "d'entrer dans le moule" exposé sur les différentes plateformes et la volonté de plaire auprès des jeunes filles.

Il y a plusieurs autres manières possibles, beaucoup plus instructives, pour aider les jeunes filles à développer leur confiance en soi et leur capacités à s'exprimer en public, tel que le démontre la campagne "Go les filles" instaurée par Cheerios. Les concours de beauté axent leur démarche sur des aspects superficiels contenant beaucoup de préjugés et c'est ce que le Québec tente de corriger avec la Charte pour une image corporelle saine et diversifiée.

Selon moi, nous devrions encadrer les parents et les enfants, pas seulement les jeunes filles et les diriger vers des activités d'éducation sur la diversité corporelle, l'estime de soi et les saines habitudes de vies.

Nous nous devons en tant que société et qu'acteurs immédiats de la socialisation des enfants de transmettre des valeurs et des idéaux à l'encontre des stéréotypes encore trop présents dans notre culture.

http://www.lapresse.ca/actualites/national/201309/26/01-4693557-plus-de-35-000-quebecois-contre-la-tenue-dun-concours-mini-miss.php

http://www.bigbrothersbigsisters.ca/fr/accueil/newsevents/cheeriossupportsgogirls.aspx

Marie-Pier Catellier Savard a dit…


Je suis totalement d’accord qu’au Québec et même qu’ailleurs dans le monde, les concours de mini-miss devraient être interdit. Il faut savoir que l’on maquille, que l’on teint les cheveux des jeunes filles et que l’ont leurs poses des faux ongles et des faux cils. Ces jeunes filles vivent dans une réalité maquillée. Ces enfants sont costumés pour ressembler le plus à des jeunes femmes, je me demande réellement où est leur enfance dans tout cela. Les parents font vieillir leurs filles excessivement vite. Ce commerce présente les enfants comme des adultes où la beauté naturelle n’est pas à l’honneur.
Il faut apprendre avant aux enfants à avoir confiance en soi en leur inculquant une bonne hygiène de vie ainsi qu’en les incitant aux biens-faits de l’activité physique.

L’émission de la célèbre Mini-Miss Honey Boo-Boo a d’ailleurs été retirée des ondes de Musimax en même temps qu’une téléréalité sur des mini-miss. Cette dernière présente la famille d’Honey Boo-Boo, vivant avec peu de moyens (avant les recettes de l’émission). De plus, on y présente la fillette lors de tous ses concours et dans la vie de tous les jours. La malbouffe et le manque d’exercice y sont flagrants, et ce, malgré l’immense charisme de l’enfant.

En Bref, les fillettes de ces concours sont considérées comme des véritables accessoires de mode et je suis d’accord avec ton billet en tout point.

http://envedette.ca/stars/nouvelles-stars/musimax-retire-mini-miss-et-honey-boo-boo-de-sa-programmation/