lundi 3 mars 2014

Les journalistes, « clowns de l’infospectacle? »


Depuis quelques années, je me pose des questions sur la profession de journaliste. Traditionnellement reconnus pour leur objectivité, les journalistes ne semblent plus en faire une vache sacrée.

Plusieurs d’entre eux s’improvisent maintenant chroniqueurs, ce qui fait qu’il est parfois difficile de trouver de l’information de nature objective. C’est également ce que constatait l’humoriste Marc Labrèche, dans un article du journal Le Devoir, publié il y a quelques semaines : « Est-ce que l’humeur, les états d’âme, la personnalité et la subjectivité des journalistes ne prennent-ils pas trop le dessus sur une véritable information? Est-ce que c’est vraiment ce qu’on leur demande, même si c’est ce qui fait vendre? » (Baillargeon. 2014 : en ligne)

Je pense aussi que les journalistes doivent de plus en plus vendre la nouvelle pour plaire à leurs supérieurs. Les patrons semblent être de plus en plus exigeants envers leurs journalistes. Ces derniers, notamment en raison de l’ère de l’instantanéité, doivent travailler de plus en plus vite pour livrer l’information rapidement. « À vouloir donner du contenu sur toutes les plateformes, en même temps, sans augmenter les effectifs, n’est-on pas condamné à diluer la bonne information, sacrifiant l’expérience au profit d’une main-d’œuvre meilleur marché », se questionnait l’humoriste.

Autrefois perçus comme des défenseurs des citoyens, les journalistes semblent de plus en plus perçus comme les défenseurs de leurs patrons. Je crois qu'il serait pertinent de mener une grande réflexion sur la profession.

Baillargeon, Stéphane. 2014. « L’homme qui rit ». Le Devoir. En ligne. http://www.ledevoir.com/societe/medias/399821/l-homme-qui-rit. Consulté le 20 février 2014.
 

2 commentaires:

Roxanne Martin a dit…

Ton intervention m’a faite réfléchir sur la pression journalistique. Dominique Payette, auteur du texte « L'autonomie des journalistes, garante du respect de la déontologie professionnelle » affirmait que « l’absence d’obligation formelle faite aux entreprises de presse de remplir le contrat social implicite passé avec la société ouvre désormais toute grande la porte à l’information spectacle ou sensationnelle, ainsi qu’à d’autres pratiques médiatiques purement commerciales. Avec ces nouvelles donnes, l’information d’intérêt public est la grande perdante ». Je suis tout à fait d’accord avec ces propos. Je constate que le journalisme se perd peu à peu. Les nouvelles sont de moins en moins profondes, elles restent en surface. Les journalistes n’abordent que des sujets qui se veulent sensationnels, qui vont attirer de nombreux lecteurs. Comme tu le disais, ils écrivent des nouvelles pour plaire à leurs supérieurs.

Je crois pourtant que la plupart de ces journalistes sont excellents dans ce qu’il faut. Ce qui cloche, d’après moi, provient de la pression qu’ils peuvent ressentir de la part de leur employeur. Je suis d’avis que les journalistes doivent s’opposer aux sujets sensationnels, ou du moins, en faire une couverture médiatique moins importante. Cela dans le respect de la vie humaine des personnes impliquées dans des évènements sensationnels, comme l’incendie à L’Isle-Verte.

J’imagine que la plupart des journalistes présents ressentaient un certain malaise au fait d’aller faire des entretiens avec des personnes touchées par cette tragédie, mais que, sous la pression de leur employeur, ils sont tout de même allés.

Dans son texte, Dominique Payette explique qu’il faudrait soutenir les journalistes afin de rebâtir le lien de confiance entre la population et l’information. Je suis tout à fait d’accord avec ces propos. Il en va de l’histoire et de la culture de notre société.

Source :

Payette, Dominique. 2013. « L'autonomie des journalistes, garante du respect de la déontologie professionnelle ».Revue internationale d'éthique sociétale et gouvernementale. 2013. En ligne. http://ethiquepublique.revues.org/1056.Consulté le 6 mars 2014

Marie-Philip Chaput a dit…

Je comprends ton point de vue et je suis en partie d’accord. Il est vrai que les patrons demandent à leurs employés d’utiliser les réseaux sociaux et de lancer la nouvelle le plus rapidement possible. Ceci engendre parfois de l’information erronée. Je crois toutefois que nous devons apporter une nuance. En effet, les journalistes doivent rendre l’information beaucoup plus vite qu’avant et l’arrivée des médias sociaux en est la principale cause. Les journalistes sont multiplateformes, parce que nous sommes à l’ère du 2.0 et c’est la réalité d’aujourd’hui. Nous ne retournerons pas en arrière. Je suis loin de dire que je m’y connais davantage qu’une autre, mais en tant que future journaliste, si j’avais le choix, je préfèrerais prendre le temps d’écrire mon article à la place de tweeter, photographier, tenter de rejoindre mes sources et tout cela en même temps. Donc, je ne crois pas que ce soit à cause des patrons que les journalistes ne prennent plus autant de temps pour écrire, mais bien à cause de la population. Les gens ont soif de savoir et les journalistes tentent de leur rendre la pareille du mieux possible.

Pour ce qui est de vendre la nouvelle, afin de plaire à son patron, je ne suis pas certaine que c’est le cas. Je ne suis pas dans le secret des dieux, alors mon opinion vaut autant que celle des autres, mais je crois que lorsqu’un journaliste met le sensationnalisme avant la nouvelle, c’est à cause de lui et non à cause de son patron. Si un journaliste souhaite travailler de manière objective, il le fera. Je crois aussi qu’il ne faut pas généraliser. Il est vrai que certains médias misent davantage sur le sensationnalisme, mais ce n’est pas le cas de tous.