mercredi 12 mars 2014

Lena Dunham dans Girls


Lena Dunham a créé une nouvelle série télévisée diffusée sur la chaîne HBO en 2012, Girls. Cette série présente la vie quotidienne de 4 New-Yorkaises avec des physiques représentatifs du reste de la population et des vies réalistes, ce qui est rare dans les séries américaines. Lena Dunham incarne le personnage principal de la série, Hannah, et se déshabille à chaque épisode devant la caméra, un geste qui est critiqué par plusieurs.

Lena Dunham n’est pas maigre, n’a pas de longs cheveux blonds et n’a pas d’abdominaux. Elle est une fille normale, avec un corps normal, mais, selon l’auteure, ce n’est pas une raison pour ne pas présenter ce corps à la télévision. Certains trouvent donc déplacé de voir ce corps imparfait sur leurs écrans, et présentent même des objections quant aux hommes avec qui Hannah se retrouve dans la série, puisque le public juge ces hommes comme étant trop beaux pour la jeune femme et donc irréalistes.

Pour ma part, je ne comprends pas du tout ces critiques. La série est rafraichissante et présente le vent de renouveau qu’on attend depuis longtemps. Lena Dunham est bien dans son corps, se trouve belle et les scènes de nudité dans sa série ne sont pas déplacées : elles rajoutent à l’histoire et sont nécessaires à la série. Je trouve que notre discours est ambivalent : on veut voir une diversité de corps, on veut pouvoir s’identifier aux modèles présentés et on veut que ces derniers soient réalistes d’un côté, mais de l’autre, on veut que les actrices qui se mettent nues à la télévision aient des corps parfaits pour ne pas choquer les téléspectateurs.

En regardant les Oscars il y a 2 semaines, je me suis fait le commentaire suivant : je ne remarque même plus à quel point les actrices sont maigres puisque lorsqu’elles sont toutes regroupées les unes à côté des autres, elles ont presque toutes le même corps. Je crois donc qu’ une série comme Girls a sa place dans le contenu télévisuel, parce que oui elle présente quelque chose de nouveau, mais également parce que la série est intelligente, bien réalisée et très, très drôle.

3 commentaires:

Stephanie Bureau a dit…

Je suis tout à fait en accord avec toi. Il est vrai que les discours manquent complètement de cohésion. Sombrée depuis trop longtemps dans la maigreur et les stéréotypes féminins, la société veut maintenant dévier de cette idéologie et mettre la différence au-devant de la scène. Prenons par exemple la campagne de Dove pour la vraie beauté, ou encore les dernières campagnes d’American Apparel, dont celle où ils ont engagé une mannequin de lingerie de 62 ans. Mais ces campagnes n’en demeurent pas moins très esthétiques. À l’encontre de Girls, où le montage et le décor sont souvent très peu enchanteurs. C’est la réalité, montrée telle quelle. Sans fantasmes ni faux-semblants. J’ai l’impression que notre génération comprend de mieux en mieux que tous les corps ne peuvent pas se ressembler. Mais sommes-nous réellement prêts à l’accepter ? Je crois que nous avons devant nous encore plusieurs années de débats à ce sujet, afin d’en arriver à l’acceptation totale de l’intégrité féminine.

Sources :
http://actualites.sympatico.ca/curiosite/editorial-curiosite/un-mannequin-lingerie-de-62-ans-pour-american-apparel
http://www.fr.dove.com/fr/notre-mission/notre-vision/la-campagne-dove-pour-la-vraie-beaute.aspx

Melissa Boivin a dit…

En effet, les discours marquent une certaine incohérence. La diversité corporelle exposée dans les différents médias représente un facteur important à l'acceptation de notre image corporelle et à l'estime de soi. Promouvoir de plus en plus de gens représentant des corps "normaux" avec des tailles dans la moyenne dans l'espace publique diminue forcément le culte de la minceur prôné par les grandes entreprises du domaine de la mode et de la publicité et encourage les femmes d'aujourd'hui à s'accepter telles qu'elles sont.

Je tiens à souligner le rôle et l'implication du gouvernement du Québec dans leur promotion d'une image corporelle saine et diversifiée depuis déjà 5 ans avec la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée. Je crois qu'elle représente une bonne lancée vers la sensibilisation, l'éducation et l'acceptation d'une image corporelle saine et diversifiée auprès de la société.

http://www.jesigneenligne.com/fr/charte.php

http://blogue.quebecenforme.org/2012/04/charte-quebecoise-pour-une-image-corporelle-saine-et-diversifiee-la-creation-dun-consensus/

Valérie LeBlanc a dit…

Comme mes trois collègues ci-haut, je crois que le discours global actuel manque de cohérence. Il y a actuellement en circulation sur nos réseaux sociaux plusieurs campagnes de publicité telles que Dove ou encore des vidéos de dénonciation de photoshop, des éloges aux femmes avec des formes. Jacob a également cessé de retoucher ses mannequins suit aux shootings photo. J'ai même vu la semaine dernière un article selon lequel Barbie allait désormais être fabriquée selon des standards plus réalistes et représentatifs de la taille moyenne de jeunes adolescentes. Il est selon moi tout à l'honneur des entreprises de vouloir contribuer au bien-être à l'estime de soi des femmes, c'est une intention des plus louables en soi.

Toutefois, historiquement la mode, les défilés, Hollywood, les tapis rouges, les magazines, etc. sont pensés selon une logique d'esthétisme, de flatterie pour l'oeil. Qu'on soit de n'importe quelle forme, on est selon moi en mesure d'apprécier la beauté proposée dans ces évènements, émissions, magazines, etc. sans toutefois se mettre une pression pour vouloir ressembler à celà parce que logiquement tout le monde ne peut pas être pareil. J'imagine que la réaction à l'exposition de femmes dites parfaites à maintes reprises dépend du rapport que l'on entretiens 1- avec soi 2- avec la mode comme telle et l'image esthétique qu'elle dégage en soi.

J'ai l'impression que la société a évolué dans sa manière de penser face aux femmes et leur bien-être, mais je ne sens pas que ce soit la majorité des individus qui soit prêt à voir apparaître dans le milieu de la mode, du cinéma, de la publicité, etc. des femmes plus rondes, aussi à l'aise soient-elles dans leurs corps. C'est vraiment une histoire d'habitude et c'est ancré de manière assez solide dans notre société. Peut-être les choses changeront-elles avec les années, mais on ne change pas du jour au lendemain les standards internationaux (ou plutôt les standards américains désormais mondialisés). On parle ici d'un travail de plusieurs plusieurs années, mais c'est possible je crois.