mardi 25 mars 2014

Le Sida en Suède

J'ai toujours aimé l'anthropologie. Je trouve ça intéressant d'analyser les cultures et les comportements des gens en fonction d'une situation. La session dernière, j'ai lu un article assez perturbant concernant le Sida en Suède. 

La Suède est connue pour avoir une des lois les plus sévères d'Europe en ce qui a trait au sexe. 
Dans ce pays, lorsqu'on est positif au Sida, le médecin est dans l'obligation d'enregistrer l'identité de la personne aux autorités supérieures. La personne ayant contracté le virus est aussi obligée d'aller voir régulièrement son médecin pour lui donner une liste des partenaires sexuels qu'elle a eus. Le médecin doit s'assurer que la personne prend régulièrement ses médicaments et qu'elle n'est pas un danger pour autrui.

De plus, le patient est aussi tenu d'informer tous les partenaires sexuels qu'il a eu de son état de santé (sexe oral y compris). 
En 2003, un homme de 27 ans a été condamné à trois ans de prison et une dette de 80 000$ pour ne pas avoir informé son partenaire sexuel qu'il avait le sida. Il est important de souligner que le partenaire en tant que tel n'a pas été contaminé par le Sida.

Ce code pénal est une atteinte sur la vie privée de la personne pour protéger son entourage. Selon l'article, «Transmettre une maladie et exposer autrui au risque de contamination constituent respectivement une forme de voie de fait et de mise en danger de la vie ou de l'intégrité corporelle». 

Cette loi met donc en quarantaine, des personnes qui voulaient à la base garder leur maladie privée. En effet, le Sida est encore peu compris. Certaines personnes sont persuadées que le Sida peut se transmettre en serrant la main ou en faisant la bise à une personne. 

Je trouve que certes le Sida est un virus dangereux, car on n'a pas encore trouvé de vaccin ou de médicament pouvant le vaincre complètement, mais mettre ces personnes sur une liste comme on fait aux États-Unis pour les pédophiles, est-ce vraiment utile?

La question est: est-ce que ce procédé va vraiment aider la Suède à faire diminuer la transmission du virus?


KULICK D., 2005, « Four Hundred Thousand Swedish perverts », GLQ : A Journal of Lesbian and Gay Studies, 11, 2 : 205-235.

1 commentaire:

Stéphanie Lou Desîlets a dit…

Je n'étais pas au courant que ce registre existait en Suède cela m'a bien étonnée!

Je suis toutefois d'avis partagé.
Je suis d'accord avec toi qu'il y a quelque chose de sensible à lister les individus tels des prisonniers, que cela brime la vie privée de ces personnes et que cela peut contribuer à perpétuer les stéréotypes et préjugés.

Or, j'ai lu récemment une étude qui faisait état de pratiques sexuelles alarmantes chez les jeunes de moins de 25 ans en Suède. Des études semblables ont également justifié les campagnes de sensibilisation les mieux rodées des dernières années en Suède prônant le sexe de manière protégé. Or, la session dernière, mon professeur de publicité sociale nous apprenait que le seul véritable moyen de réduire la vitesse et l'alcool au volant passait par la répression (policière). Ainsi, dans un même ordre d'idée, je crois que le gouvernement suédois prend des mesures draconiennes et utilise certes un peu la peur et la pénalité afin de stopper la propagation, mais c'est parce qu'il s'agit là de ce qui semble le plus effectif. À savoir si cela est éthique ou non, je ne peux tout à fait répondre, mais je choisis personnellement de protéger une majorité de libertés plutôt qu'une seule.