vendredi 15 novembre 2013

Dur, le milieu carcéral

L’émission Enquête, à Radio-Canada, a diffusé, hier, un reportage sur la violence de certains agents correctionnels à l’égard de détenus. Le reportage relate plusieurs cas de brutalités au Québec et en Ontario. On suppose que la situation est semblable partout au Canada.

D’abord, les lignes directrices dites rigoureuses ne sont peut-être pas très rigoureuses. Le transfert de connaissances des anciens vers les plus jeunes ou vers les nouveaux agents correctionnels semble inadéquat. Le Président du syndicat des agents correctionnels du Québec dit que ce ne sont pas des actes qui sont en hausse, mais que ça arrive. La façon dont les gardes travaillaient il y a 20 ans, ce n’est plus la façon dont ils doivent travailler aujourd’hui. Les tensions et le stress du travail mènent à des dérapages, à des recours à la force et à la violence, qui ne sont pas nécessaires.

Je me pose quelques questions…
Le détenu perd son droit à la liberté, mais devrait-il aussi perdre son droit à la sécurité ?
Est-ce correct de maltraiter les détenus, gratuitement, ou sous prétexte qu’ils l’ont « cherché » ?
Quel message envoient les agents aux détenus lorsqu’ils utilisent la violence gratuite ? Quel message envoient-ils à la société ?

Un lanceur d’alerte 
Réel Bessette est un ancien agent correctionnel qui a osé dénoncer la violence et qui a finalement perdu son emploi. Si lui trouvait la situation trop grave pour passer par-dessus, pour la majorité, c’est la loi du silence. Il a dû choisir entre dénoncer des collègues et perdre ses amis et son emploi. Ce n’est pas facile de prendre une telle décision.

M. Bessette a choisi de rédiger un rapport qu’il a transmis à son supérieur. Son nom n’est malheureusement pas resté confidentiel. Il a été victime d’intimidation à plusieurs reprises. Il a été mis à l’écart par ses collègues et ignoré. Les suites de sa dénonciation ont eu de grandes conséquences sur sa santé, sa vie professionnelle et personnelle, car il n’a reçu aucun soutien. Dans les faits, les dénonciateurs ne sont pas assez protégés, même si sur papier, les consignes et règles sont là.

Ce que j’en pense
Il semble y avoir une loi non écrite dans le domaine carcéral selon laquelle on ne doit pas dénoncer personne. L’inaction des autres agents, lors des scènes de violence gratuite,  m’a vraiment choquée.


Je crois qu’il peut arriver des dérapages, surtout lorsque des humains sont « gardés en captivité » par d’autres humains. Par contre, je crois que les détenus sont déjà des rejets de la société et qu’ils sont punis pour leurs actions. Les gens qui sont en autorité se permettent de poser des gestes qui sont criminels pour intimider et punir davantage les détenus, ce qui ne relève pas du tout d’eux. Ce n’est pas ce que nous avons choisi comme système correctionnel, et les agents se doivent d’être en maitrise d’eux-mêmes en tout temps. Malheureusement, ils ont très peu droit à l’erreur, car ils sont dans une situation de pouvoir et d'autorité. 

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