lundi 10 décembre 2012

[VIDÉO EXCLUSIVE!!!] Le grand-père des trois petits anges EST TRISTOUNET

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Le titre est accrocheur. Un peu trop pour le sujet. C'est voulu. Je me moque des médias. Vous en conviendrez.

La semaine dernière, vous avez certainement entendu la triste nouvelle. Trois enfants d’une même famille retrouvés morts à Drummondville. On n’avait pas encore beaucoup d’information. Mais tout juste après que la nouvelle soit publiée sur le site internet de L’Express (journal local), le Journal de Montréal et La Presse publiait déjà, concernant cette tragédie, de l’information n’ayant été confirmée ni par la police locale, ni par la famille. Au diable l’importance d’informer objectivement, sautons aux conclusions. C’est devenu une habitude.

Là où je veux en venir, c'est ici. Déjà le lendemain, La Presse rendait disponible sur son site une vidéo non éditée de la rencontre d’un de leur journaliste avec le grand père des enfants. Une rencontre dérangeante et pleine d’émotions où le journaliste le bouscule (comprendre que l’homme venait tout juste de perdre ses trois petits enfants) avec des questions qui le poussent à prendre immédiatement position sur les rumeurs qui circulent.

Je vous demande : jusqu’où est-ce que l’on peut aller dans la couverture d’un événement dramatique?

Est-ce que c’est éthique? Est-ce qu’un journaliste devrait entrer dans la vie privée d’une personne? À peine quelques heures après un événement extrêmement troublant? La mettre dans une situation très inconfortable pour espérer en retirer une phrase-choc? Et par-dessous tout, rendre la vidéo de la rencontre publique pour que tous puissent constater son inconfort et les émotions sur son visage? Le public gagne quoi? Disons-le : la vidéo ne nous apprend absolument rien de nouveau sur la situation. On est rendu là? Faire du sensationnalisme est plus important que de respecter la famille endeuillée?

1 commentaire:

Jean-François Boulianne a dit…

Lors d'une émission «Les Francs-tireurs», André Robitaille sautait une coche disant qu'il voulait moins d'opinion et plus d'information. Je suis totalement d'accord avec lui. Il semble que l'opinion donne un meilleur spectacle, et comme la télévision est guidée par son insatiable appétit des cotes d'écoute, plusieurs stations optent pour une télé qui ne se soucie plus beaucoup des faits mais plus comment les voisins se sentent.

Dans ce cas-ci, en raison de la mortalité d'enfants qui constitue en soi un important écart à la norme, il est normal que l'incident soit couvert par les médias. Or, puisqu'on manque d'informations pour mousser les reportages, les journalistes se sont tournés vers des «témoins». Le témoignage des proches et des voisins fait parti de la routine journalistique. C'est tellement routinier que je crois qu'ils ne se rendent même pas compte qu'ils contribuent au phénomène de l'information-spectacle.