dimanche 2 février 2014

Le dopage sportif : est-ce éthique ?

Ce sujet, légèrement abordé en classe cette semaine, m'a immédiatement interpelé. Je suis une ex-athlète de haut niveau et le dopage, pour moi, n'a jamais été une option. J'étais sur l'équipe nationale d'escrime. Dans ce sport, le dopage n'est pas très commun voire inutile. Par contre, on échappe pas aux tests d'urine après les grosses compétitions. Je vous épargne les détails de cette aventure...Car, attendre pendant 3 heures après que la compétition soit terminée parce qu'on a pas envie, c'est d'un ennui mortel.

Donc, le dopage, est-ce éthique ? Est-ce bien ou mal selon mon point de vue et mes valeurs ? Dans mon cas, je trouve cela mal, très mal. Je ne conçois pas que l'on veuille prendre cette chance pour une question de gloire. Quand j'étais athlète, j'aurais tout fait, tout donné pour être la meilleure au monde, mais en me respectant et en respectant les autres compétiteurs. Lorsqu'on décide de prendre cette avenue de la tricherie, on manque de respect envers soi-même et envers les autres. On se ment. Le résultat, la médaille ou le titre que l'on obtient en étant dopé n'est que pur mensonge et c'est honteux. Je n'arriverais jamais à être fière d'une telle chose. Je ne pourrais pas me sentir bien et espérer être un modèle d'inspiration pour les jeunes. Je ne pourrais pas vivre dans le mensonge toute ma vie. Je serais mal à l'aise chaque fois qu'on me parlerait de cette fameuse fois où j'ai dominé mon sport....de manière illégale.

Le scandale qui a éclaté au sein des athlètes jamaïcans en athlétisme m'a beaucoup déçu et touché. J'avais beaucoup d'admiration pour ces derniers. Je pense entre autres à Asafa Powell, Sherone Simpson et Shelly-Ann Fraser-Pryce. De grands noms qui sont maintenant synonymes de dopage et de tricherie. Les athlètes ont tenté de se défendre face à cette situation : « les Jamaïcains sont victimes d'un abus de confiance, trahis par des entraîneurs canadiens "à la réputation douteuse". Autre intermédiaire pointé du doigt par le staff caribéen, l'Australien Paul Doyle, agent de Powell, mais aussi des Américains Ashton Eaton (décathlon), Christian Taylor (triple saut) et Tianna Madison (4 × 100 m), tous champions olympiques en 2012 » (Hernandez, 2013 : en ligne). Ils jettent le blâme sur leurs différents entraîneurs et professionnels de la santé. Je n'ai pas eu vent de la suite des accusations, mais si jamais c'était le cas, je suis encore plus fâchée par cette situation. Les athlètes n'ont pas le choix d'avoir une confiance aveugle envers les divers intervenants qui les aident à atteindre les plus hauts sommets de performance. Mais que doivent-ils faire s'ils ne peuvent même plus compter sur eux ? À qui peut-on réellement faire confiance ? Personne ?

Et je ne peux m'empêcher de penser aux entraîneurs qui ont posé ce geste. Comment peut-on se sentir bien en dopant volontairement ses athlètes ? Comment peut-on en arriver à cette solution ? C'est une conduite anti-sportive qui va à l'encontre de mes principes et des valeurs véhiculées par le sport (dépassement de soi, réalisation, plaisir, fierté, etc.) Je sais qu'on ne doit pas dire qu'une chose n'est pas éthique, mais dans ce cas-ci, j'ai réellement envie de dire que le dopage sportif n'est pas un choix éthique. J'ai de la misère à croire qu'un individu puisse juger cela « bien » comme façon d'accéder à la réussite.

Il y a des limites à ne pas franchir, et ce, même si c'est pour devenir champion olympique.

Hernandez, Anthony. 2013. « Dopage : l'athlétisme jamaïcain tente d'échapper à ses responsabilités ». En ligne. http://www.lemonde.fr/sport/article/2013/07/17/dopage-l-athletisme-jamaicain-tente-d-echapper-a-ses-responsabilites_3448950_3242.html. Consulté le 2 février 2014.

9 commentaires:

Raphaelle Savard a dit…

Je suis en accord avec le contenu de l'article, mais d'un autre côté, je me questionne à savoir comment un athlète doit réagir quand tous ses concurrents se dopent? On connait tous la fameuse phrase qui dit que ce n'est pas parce que les autres le font qu'on doit le faire, mais d'un autre côté si un athlète veut maintenir un niveau professionnel et rester le meilleur dans sa catégorie, il ne pourra pas maintenir le rythme par rapport à d'autres athlètes qui utilisent le dopage. Que doit-il faire dans ce cas? Préserver son intégrité mais probablement perdre au niveau de la performance, ou se doper afin de pouvoir continuer à jouer sur le même pied d'égalité que les autres?

Malicka a dit…

Je pense qu'il vaut mieux refuser de faire ce qu'on estime être mal. On est en droit de refuser d'intégrer un système fondé sur des lois qui nous semblent injustes. Si en tant qu’athlète j'estime que le dopage est mal, malgré le fait que tous le pratique, je me dois à moi d'abord de ne pas céder. Après, tout est une question de priorité. Qu'est-ce qui prime pour moi: gagner coûte que coûte ou respecter une certaine idée que l'on se fait du sport? Il faut savoir laquelle des deux conduites me permettra de dormir tranquille le soir, laquelle je serais prête à défendre face à ceux qui ne pensent pas comme moi.

Mathieu Turgeon a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Mathieu Turgeon a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec la réponse de Malicka. Je ne suis d'aucune façon un athlète alors ça reste difficile pour moi de me mettre dans un cas de dilemme dopage ou pas dopage.

Il en va surtout de ce que la personne se dira à la fin de sa vie. «Ai-je été intègre et bon pour mon sport?». Selon moi, le dopage détruit le sport et fait perdre beaucoup d'intérêt aux partisans.

Le baseball, a une grande histoire en tant que sport, mais une grande histoire de dopage.

En 2010, le Québécois Éric Gagné a avoué s'être dopé lorsqu'il jouait dans les lignes majeures. Il a affirmé: «J'ai si honte de moi. Ce n'était vraiment pas brillant de ma part [...] Je regrette tant d'avoir agi ainsi [...].

Personnellement, je ne crois pas que j'aurais pu me regarder dans le miroir si j'avais été dans sa situation au moment où il prenait des hormones de croissance...

Source: http://www.rds.ca/1.315674

Anne-Julie Lefebvre a dit…

Je suis d'accord avec le fait que le dopage est peu éthique et à l'opposé de ce qu'être un athlète signifie. Pour moi, un athlète est une personne qui se dépasse, qui bat des records, et qui a su se démarquer des autres. De plus en plus les athlètes sont idolâtrés par nos jeunes. C'est d'être un bien mauvais ambassadeur que de mentir à notre jeunesse sur la réelle réussite d'un athlète. Un athlète peut se mentir à lui même, mais au bout du compte, tout finit par se savoir. Oui de nouveaux produits de dopage quasi-indétectable existent. Cependant, les technologies pour les déceler ne cessent de s'améliorer. C'est génial d'avoir des objectifs et de vouloir être le meilleur, mais il faut le faire dans le plus grand respect et être conscient de ses choix.

Anne-Julie Lefebvre a dit…

Je suis d'accord avec le fait que le dopage est peu éthique et à l'opposé de ce qu'être un athlète signifie. Pour moi, un athlète est une personne qui se dépasse, qui bat des records, et qui a su se démarquer des autres. De plus en plus les athlètes sont idolâtrés par nos jeunes. C'est d'être un bien mauvais ambassadeur que de mentir à notre jeunesse sur la réelle réussite d'un athlète. Un athlète peut se mentir à lui même, mais au bout du compte, tout finit par se savoir. Oui de nouveaux produits de dopage quasi-indétectable existent. Cependant, les technologies pour les déceler ne cessent de s'améliorer. C'est génial d'avoir des objectifs et de vouloir être le meilleur, mais il faut le faire dans le plus grand respect et être conscient de ses choix.

Étienne Roy a dit…

Pour moi le dopage est inacceptable. Raphaelle a mentionné dans son intervention, comment réagir si une quantité importante des concurrents utilisent des produits dopants. Bien que cela puisse améliorer leurs performances, doit-on s’abaisser à leur niveau ? Si je prends un exemple assez populaire pour le dopage sportif, le cyclisme et le Tour de France. J’ai souvent entendu dire : « ils sont tous dopés et ce n’est pas surprenant, le Tour de France est trop exigeant pour les cyclistes, ils n’ont pas le choix pour performer». C’est dommage de voir qu’un grand athlète comme Lance Armstrong soit tombé si bas, qu’il soit passé de héros à zéro, mais quand on analyse la situation, c’est qu’il a fait un choix et il doit maintenant vivre avec les conséquences. La victoire n’a pas la même saveur quand on le sait qu’on a triché.

Valérie Poirier a dit…

Je suis en accord avec les propos de Gabrielle. Je ne vois pas en quoi cela peut être une réussite sportive de se doper. Selon moi, le sport est justement un moyen de pouvoir pousser ses limites et être en santé en faisant un sport que l’on aime. C’est une plus grande fierté de dire qu’on a réussi un tel sport avec tout ce que l’on avait à donner que de dire que l’on s’est dopé. Je dois avouer que ça doit être difficile de pratiquer un sport où l’on se doit de performer au maximum de ses capacités. Par contre, ce n’est pas une raison pour se doper. À mon avis, la fierté d’avoir accompli quelque chose par soi-même est beaucoup plus importante. Si un athlète choisit de se doper, après que tous aient appris la nouvelle, c’est toute sa carrière qui en prendra un coup. Il devra vivre avec cela tout le reste de sa vie. Comment pourra-t-il revenir dans sa discipline et reconquérir la confiance des gens, et ce, en gardant la tête haute? En somme, il faut vivre avec ses choix et se dire jusqu’où on est prêt à aller pour atteindre ses objectifs.

Alain-Pier Kelly a dit…

Le plus triste dans l'univers du sport professionnel est de donner au spectateur l'illusion qu'avec l'effort on peut battre des records. Oui, il y a des athlètes d'exceptions, mais ils sont rares, très rares. Le problème majeur c'est que le dopage se transpose maintenant dans les sports amateurs où les sportifs veulent performer autant que les professionnels. Mais ils ne sont pas encadrés comme ces derniers et ils courent un véritable danger pour leur santé. Même si les études prouvent que les produits dopants sont dangereux, ils ne le sont qu'à long terme et la victoire d'une épreuve sportive arrive tôt dans la vie.