lundi 3 février 2014

La gestation pour autrui: un vrai débat public



Au cours de ma lecture du livre, L’éthique expliquée à tout le monde de Roger-Pol Droit, je me suis arrêtée à un des propos énoncés dans le chapitre six. L’auteur mentionne le problème de la gestation pour autrui qui fait partie des sujets d’éthiques traités dans différents pays. Tout de suite mon attention s’est portée sur ce sujet, car il m'a rappelé un film que j’avais vu. « En 2011, des jumelles nées d’une mère porteuse en Californie, mais portant le bagage génétique de leurs parents français, se sont vues refuser la nationalité française » (Beaudoin, 2012).

L’histoire de ces parents est racontée dans le film «  Interdits d’enfants » du réalisateur Jacques Renard, un film qui m’a touchée profondément.

Le film raconte l’histoire d’une mère ne pouvant pas avoir d’enfant et a donc recours avec son mari à la gestation pour autrui. Cependant, en France cette pratique est illégale. Donc, les parents décident de contacter une mère porteuse qui se trouve en Californie qui autorise cette méthode de procréation, cette femme accouche de deux filles. Les deux enfants sont ramenés avec les parents en France et c’est à partir de ce moment que les parents ne seront plus tranquilles et devront affronter un combat juridique intense s’étalant sur plusieurs années pour faire reconnaitre leur parentalité auprès de leurs deux filles ( Allocine).

Le premier sentiment que j’ai ressenti en regardant ce film était celui de la colère, je ne comprenais pas pourquoi dans certains pays on autorise des personnes à avoir recours à d’autres moyens de procréation et pourquoi dans d’autres non.

          La situation des mères porteuses n’est uniforme nulle part. Par exemple, en Europe,
certains pays tolèrent la gestation pour autrui (Belgique, Danemark, Pays-Bas…), alors que d’autres l’interdisent totalement (Espagne, Allemagne, France, Italie). Au sein des pays qui l’interdisent, certains ont vu la situation devenir un véritable débat public (Beaudoin, 2012).

Un important problème d’éthique est soulevé par ce sujet est continue de faire débat aujourd’hui : « "Nous confirmons que le gouvernement s'opposera à d'éventuels amendements visant à légaliser en France la PMA et la GPA", a indiqué à l'AFP l'entourage du Premier ministre, précisant que le calendrier du projet de loi sur la famille n'était "pas arrêté" » (Atlasinfo, 2014).

Selon moi, dans cette problématique, la valeur de l’égalité n’est pas respectée. Dépendamment dans quels pays nous nous trouvons, si nous n’arrivons pas à avoir d’enfant et ne voulons pas adopter des enfants qui ne sont pas les nôtres, nous n’avons aucun moyen de réaliser le rêve d'avoir notre enfant tandis que si on était dans le « bon » pays on pourrait. Nous n’avons donc pas tous des chances égales d’avoir un enfant ayant notre génétique. Cela ne fait aucun sens.  Selon moi, ce n’est pas le pays où l’on vit qui doit déterminer si oui ou non on peut avoir recours à cette méthode de procréation. Je ne vois pas vraiment pourquoi cette méthode n’est pas légalisée dans tous les pays, si bien sûr les deux côtés ( les parents et la mère porteuse) respectent leur engagement du début à la fin de la grossesse.


Références

Beaudoin, Mélanie. 2012. « Gestation pour autrui Droit à l’enfant ou droit de l’enfant ? ». Le journal - Barreau du Québec. Vol 44, no 12. En ligne : URL : http://www.barreau.qc.ca/pdf/journal/vol44/201212_01.pdf. Consulté le 3 février 2014.

Atlasinfo. 2014. « France: pour le Premier ministre pas de gestation pour autrui ni procréation médicale assistée ». En ligne : URL : http://www.atlasinfo.fr/France-pour-le-Premier-ministre-pas-de-gestation-pour-autrui-ni-procreation-medicale-assistee_a49369.html. Consulté le 3 février 2014.

Allocine. « Interdits d’enfants, Synopsis et détails ». En ligne : URL :  http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=217186.html. Consulté le 3 février 2014.

1 commentaire:

Anne-Julie Lefebvre a dit…

Je suis d'accord avec toi. Je légaliserais aussi cette pratique. Cependant, il faut faire attention et apporter une nuance. Je suis d'accord avec le fait que si les deux partis sont consentants, un couple qui désire avoir des enfants et qui ne le peut pas à le droit de recourir à le méthode de mère porteuse. Cependant, il ne faut pas oublier qu'il y a d'autres options comme l'adoption ou les traitements invitro (qui sont gratuits au Québec depuis quelques temps). Le seul hic, c'est qu'il y aura toujours des gens mal intentionnés qui ne penseront qu'aux profits. En Inde par exemple, des mères porteuses sont enfermées jours et nuits dans une pièce et attendant de mettre au monde l'enfant d'un couple. Elles deviennent pratiquement des vaches à lait, et sont mères porteuses années après années, ne donnant aucun répit à leur corps. Il s'agit presque d'un trafic de mères porteuses. C'est un pensez-y bien, surtout que les futurs parents sont souvent à des kilomètres de la mère porteuse et ne voient pas comment celle-ci se nourrit, prend soin d'elle, mène une vie saine, etc. Tout cela, lorsque non respecté, peut avoir un gros impact sur l'enfant à naître.