vendredi 1 février 2013

Le travestisme : c'est acceptable quand ?


Il y a quelques semaines, j'ai visionné le film Laurence Anyways de Xavier Dolan. Ce film m'a apporté plusieurs questionnements sur ce qui acceptable ou non, dans la vie en société. J'en suis venue à l'hypothèse que chacun a sa propre définition d'« acceptable socialement ». Dans le film, on voit un homme qui, du jour au lendemain, arrive à la polyvalente où il enseigne, habillé en femme.

 Je crois qu'un évènement semblable à celui qui arriverait dans une école du Québec soulève de l'émoi dans l'établissement. Je me demande si la personne qui a l'intention de le faire devrait prévenir ses collèges, les élèves. Est-ce que la personne ne doit rien dire et s'affirmer ? Ne devrait-elle pas garder cette pratique pour sa vie en dehors de l'école ? Est-ce que les adolescents sont en mesure de comprendre ? 

Mon opinion à ce sujet est assez modérée, mais je crois que vu l'endroit où il travaille, un travesti ne devrait pas s'habiller en femme (je prends ici l'exemple de l'homme travesti) pour enseigner à des jeunes. Je crois que le fait qu'il enseigne à des adolescents qui se questionnent beaucoup, qui sont en évolution et qui se connaissent peu encore est ambigu. Je crois que cela peut être mal compris par ces derniers vu leur âge et leurs expériences de vie. S'il enseignait à l'université où les gens sont plus matures et sont plus au courant du travestisme, cela serait plus « acceptable » socialement. 

Également, je crois que s'il travaillait comme comptable, cela n'aurait pas le même effet qu'en étant professeur. Les professeurs sont chargés de transmettre du savoir et des connaissances à des jeunes. Je pense qu'en tant que figure d'autorité, le travestisme vient un peu nuire à leur mission d'enseignement. Je ne dis pas que les jeunes ne doivent pas être en contact avec des travestis, mais en tant que figure d'enseignement, c'est nuisible pour un professeur.

 Il m'a été difficile de déceler mon opinion dans cette situation. Je crois que l'élément central est le fait que le travesti soit un professeur et donc, qu'il a une position particulière dans la vie des adolescents. 

Vous, quelles réflexions vous viennent à l'esprit par rapport à cette situation ? C'est acceptable quand le travestisme?

 Maryse Lamontagne 


 

4 commentaires:

Marietp a dit…

J'aime bien cette réflexion, car Maryse aborde, dans un sens, la notion de « normalité » et de « naturalisme ». Je m'explique. Maryse, tu expliques que le contexte dans lequel la personne s'affiche comme travesti peut être considéré comme déplacé, car il s'agit de s'afficher dans un environnement scolaire, soit devant des jeunes. Par conséquent, cette personne « s'en prend » (ici, ne pas prendre avec un sens péjoratif) au caractère normal de l'image que se font les jeunes d'un enseignant ou d'une enseignante. Si l'on réduit l'importance de ce geste, on pourrait imaginer qu'une enseignante arrivant en classe avec une barbe aurait créé le même effet, c'est-à-dire biaiser l'image naturelle/normale d'une femme.
Jusqu'où pouvons-nous dénaturaliser noter environnement? Jusqu'où pouvons-nous « dénormaliser » l'être humain? Par exemple, dans le livre « L'éthique expliquée à tout le monde », un passage aborder les révolutions scientifiques : on parle que dans un avenir plutôt rapprocher, les scientifiques parlent de créer un utérus complètement artificiel, dans lequel pourrait grandir un fœtus. Autant je peux voir les avantages de cette invention, autant cette image me jette par terre! Comment peut-on envisager de dénaturaliser comme cela la CRÉATION de l'homme? Est-ce qu'il y a une limite à la science?

Limite à la science?

M a dit…

Marie, j'aime bien la façon dont tu commente mon sujet et la comparaison que tu fais. :)

Maryse Lamontagne.

Billie Piché a dit…

Dans la société d'aujourd'hui, nous ne cessons pas de dire que nous devons être ouverts aux différences, car l'uniformité ne constitue plus la société. Nous sommes tous différents et ils font l'affirmer.

Je suis, fièrement, de ceux qui acceptent les différences et je veux que les gens s'affirment, s'assume dans le but que chacun soit heureux, par contre, quand je suis exposée à un sujet comme celui-là, à un dilemme qui implique des enfants, mon avis est différent.

Je suis tout à fait consciente que certaines personnes naissent en ayant un sexe auquel ils ne s'identifient pas et je crois qu'il est important pour ces personnes d'agir dans le but de régler le conflit entre leur corps et leur tête.

Mais le travestisme n'est pas aussi évident à accepter, surtout dans un contexte scolaire. Les enfants n'ont pas conscience de tout. Pour eux, ils seraient, sans doute, difficiles de comprendre ce qu'est le travestisme et ils ne comprendraient pas pourquoi un homme se « déguise » en femme, alors que ce n'est pas aussi simple que ça ! Je crois que d'exposer le travestisme aussi brusquement à une tranche de la population qui n'est pas en âge de comprendre est immorale. Laissons les enfants grandir et apprendre, avant qu'ils soient exposés à des réalités aussi complexes.

Un jour, peut-être, les travesties pourront s'afficher au grand jour où bon leur semble. Et quand ce jour viendra, je crois qu'enfin toutes les différences seront réellement acceptées.

M a dit…

À la suite de vos commentaires, je me rends compte que le travestisme est vraiment un cas particulier où le fait de l'exposer à des jeunes personnes est discutable.
D'être un travesti dans la rue, ça va, mais lorsqu'il est enseignant, c'est controversé. Selon moi, le problème ne relève pas du fait qu'il se travestit en milieu de travail, c'est plutôt le TYPE de travail qu'il fait qui l'empêcherait de se travestir. Si quelqu’un qui travaille dans un bureau en tant que comptable, est-ce le même impact ? Je ne crois pas. La problématique relève vraiment du fait qu'un travesti s'exposerait devant des enfants, des adolescents.

Maryse Lamontagne