mercredi 22 janvier 2014

Où sont les limites de notre vie privée ?


En juin 2013, Edward Snowden, informaticien américain employé de la CIA et de la NSA rend publiques des informations confidentielles détenues par la NSA concernant « la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis, ainsi que les systèmes d’écoute sur Internet des programmes de surveillance » (Le Monde, 2013 : en ligne). Ces organismes gouvernementaux détiennent donc des milliers de bases de données qui incluent pratiquement tout ce que l’on peut faire dans une journée.  Le jeune homme explique à ce moment qu’il est « prêt à tout sacrifier, car [il] ne peux pas, en conscience, laisser le gouvernement américain détruire la protection de la vie privée, la liberté sur Internet et les libertés de base dans le monde avec la machine de surveillance qu'il est en train de construire » (Berthemet, 2013 : en ligne).

La dimension éthique de ce problème est donc mise de l’avant par ses révélations. La réelle question est de savoir si les opérations effectuées par la CIA et la NSA sont éthiques ou moralement acceptables. Je suis d’avis que non. Bien que ces organismes se défendent en mettant de l’avant la protection des citoyens, je crois que l’écoute et la captation de nos appels téléphoniques et des recherches, courriels, documents consultés sur Internet enfreint le respect de la vie privée des gens. Ces organismes remettent en question la définition de la « vie privée ». Selon moi, les actions posées par Edward Snowden sont tout à fait légitimes, car il importe que les citoyens soient au courant de ce qui est tramé sur eux. Devant ces choix, Snowden s’est retrouvé en situation de dissonance cognitive ; d’un côté, il pouvait divulguer ses informations, d’un autre, il pouvait les garder pour lui, par loyauté pour son employeur. Je crois qu’il a bien choisi et que son choix est très éthique.
Selon vous, avait-il raison de poser ses actions ? 


Sources :

Le Figaro. 2013. « Edward Snowden, l’homme qui fait trembler le gouvernement américain ». Le Figaro. 10 juin 2013. En ligne. http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/10/01003-20130610ARTFIG00394-etats-unis-edward-snowden-un-whistleblower-contre-la-nsa.php. Consulté le 16 janvier 2014.


Le Monde. 2013. « Le FBI aurait accès aux serveurs de Google, Facebook, Microsoft, Yahoo! Et d’autres géants d’Internet ». Le Monde. 7 juin 2013. En ligne. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/07/le-fbi-a-acces-aux-serveurs-des-geants-d-internet_3425810_3222.html. Consulté le 16 janvier 2014.

6 commentaires:

Gabrielle Lavoie a dit…

Je suis d'accord avec ton intervention. Par contre, je me permet d'apporter un bémol. Je sais que c'est brîmer la vie privée des gens que de les espionner ainsi et cela me révolte de savoir que l'on peut être épié de telle sorte. Mais, je crois qu'ils n'ont pas le choix de filtrer l'information ainsi. Ils doivent faire cela au nom de la protection. Ils doivent savoir si des gens n'ont pas l'intention d'attaquer quelqu'un ou si une bombe n'est pas sur le point d'exploser quelque part. C'est une façon pour eux de prévenir plutôt que de guérir.

Marie-Sophie Côté a dit…

Analyse avantages-coûts
Je crois que dans cette situation, l’analyse avantages-coûts est ce qui permet de comprendre le mieux la décision de M. Snowden. Il m’apparaît clair que la CIA et la NSA sont allés trop loin dans la captation de métadonnées auprès des individus. Par contre, ci ces informations peuvent réellement faire avancer des enquêtes et elles restent totalement secrètes, quel est le problème éthique ? Pour M. Snowden, il apparaissait évident que cette captation de données allait juste trop loin dans la vie privée des gens et pouvaient leur nuire. Est-ce moralement acceptable que la CIA ou la FBI ne prélève qu’un infime partie de la vie privée des gens dans le but de faire avancer des enquêtes ou prévenir des catastrophes ? Beaucoup de questions peuvent être posées dans ce contexte, mais selon moi, l’analyse avantage-coût est ici la meilleure formule pour prendre une décision comme monsieur Snowden l’a fait aux États-Unis.

Justine a dit…

J'abonde en ce sens moi aussi. Si la CIA et la NSA se permettent d'enregistrer nos moindres faits et gestes, il est totalement légitime que la population soit mise au courant de cette information. Cela va dans les deux sens.

Il est désolant de remarquer que Snowden fait face à plusieurs chefs d'accusations puisqu'il tentait seulement de divulguer une information qui se doit d'être connue. En gardant le contenu pour lui, il aurait eu un énorme poids sur les épaules et serait probablement tourmenté jours et nuits. La qualité de sa vie aurait diminué, étant toujours en dissonance avec ses valeurs.

Catherine Théberge a dit…

À la place de Snowden, je n’aurai pu vivre avec ce secret et aurait probablement fait comme lui, quoiqu’au départ je n’aurai probablement jamais accepté le poste qu’il occupait. Il me semble que ces pratiques d’écoute et d’espionnage ne doivent pas être nouvelles et qu’à son entrée en fonction il devait savoir dans quoi il s’engageait. Pendant combien de temps a-t-il continué ses tâches et quel fût l’élément déclencheur qui lui donna envie de tout dévoiler soudainement? À quel moment ses valeurs ont-elles pris le dessus sur les tâches qu’on lui demandait d’accomplir?

Je suis d’accord que les chefs d’accusation pesant contre lui sont très graves, mais le fait est qu’il savait dans quoi il s’embarquait en choisissant de divulguer ces informations. Il devait même le savoir depuis le moment ou il a signé un contrat lors de son entré en fonction.

Melissa Girard a dit…

Je suis en accord avec ce que tu déclares Roxanne. Je crois que vu la puissance de la CIA et de la NSA, ces agences de sécurité pourraient essayer de trouver d'autres solutions pour traquer les terroristes sans avoir besoin d'épier chaque citoyen. Être protégé oui, mais pas au point de perdre notre liberté d’expression. J'ai été surprise que seulement Edward Snowden ose défier la NSA, le seul sur les nombreux employés qui n'a pas voulu aller contre ses valeurs et qui a décidé de risquer sa qualité de vie future. Je trouve cela étrange que tous les autres employés arrivent à vivre avec tant de secrets qu’ils n’osent pas dévoiler. D’après moi eux aussi subissent de la dissonance cognitive, mais font le choix de rester dans le silence, car je ne peux pas croire qu’en sachant ce que fait la CIA et la NSA ils ne soient pas révoltés par cette situation.

Francois-Olivier Marquis a dit…

Edward Snowden savait que le partage public de toutes ses données ne serait pas sans conséquence. Il a fait un choix. Après réflexion, il a cru bon de poser son geste au nom du droit à la vie privée.

Et nous dans tout ça? Par nous, je vise tous ceux qui sont outrés du fait qu’on se fait dérober une partie de notre vie privée par la NSA et la CIA, mais qui n’hésitent pas à partager différentes facettes de celle-ci sur le web.

En effet, je ressens toujours un petit malaise lorsque je rencontre un collègue de classe pour la première fois et qu’étrangement, j’en connais beaucoup plus sur sa vie que je ne l’aurais cru. Les médias sociaux, entre autre, me permettent de monter un profil plus ou moins juste d’un parfait inconnu. Par exemple, Facebook me permet de connaitre son âge, sa profession, ses préférences musicales et même le nom de la personne avec qui il est en couple. En lisant son profil Twitter, j’ai vent de ses opinions politiques et/ou de ses opinions sur les participants de l’émission La Voix. Finalement, en visitant son compte Instagram, il m’a été possible d’admirer les photos de son repas de la veille et celles de sa cuite au Pub Universitaire avec ses amis.

Avant de sauter aux barricades en ce qui concerne le maintien de la vie privée, ne devrions nous pas se regarder dans le miroir. Qu’est-ce qui nous pousse à vouloir partager autant d’informations personnelles sur le Web? Serions nous à la recherche d’une vie privée à temps partiel?