lundi 27 janvier 2014

Dallas buyers club et le dilemme éthique

J'ai récemment visionné le tout dernier film du cinéaste Jean-Marc Vallée, Dallas Buyers Club. L'oeuvre expose divers dilemmes éthiques, principalement un dont j'aimerais vous faire part. Le personnage joué par Jennifer Garner, Eve Saks, est un médecin travaillant dans un hôpital. Cette dernière, sous les directives de son supérieur, soigne des patients atteints du virus du sida à l'aide un nouveau médicament qui est encore à la période du test. Elle observe par contre que les traitements effectués nuisent plutôt à la santé des victimes et n'est en aucun cas bénéfique, quoi qu'ils parviennent à les faire vivre un peu plus longtemps. Puisque le médicament est en période d'essai, son supérieur lui dicte de continuer les démarches et qu'en aucun cas, les sidéens ne doivent cesser la procédure. Eve connaît cependant un homme, Ron Woodrof, lui même victime du VIH, qui voyage un peu partout sur la planète et ramène des substances qui aident réellement les patients. Par contre, ces produits ne sont pas encore autorisés par les États-Unis et donc, en un sens illégaux. Le médecin fait alors face à deux options :

- Elle peut, sous les ordres de son supérieur, fermer les yeux sur les nouveaux traitements et continuer la procédure normale, tout en sachant que le médicament distribué est nocif. Ainsi, elle garde son emploi, mais en quelque sorte est responsable de la mort de certaines personnes. Ce choix est plutôt déontologique.

- Elle a la possibilité d'envoyer les victimes vers Ron Woodrof qui leur donnera des traitements adaptés. Cependant, ils ne sont pas encore autorisés par les États-Unis. Ainsi, elle enfreint un peu la loi, ne respecte pas les directives qu'elle a eu et peut perdre son emploi. Les victimes du sida auront par contre une meilleure qualité de vie.


Et vous, qu'auriez-vous fait?

9 commentaires:

Cathe a dit…

J’ai aussi vu ce film et malgré la position délicate dans laquelle est mise Eve Saks, si j’avais été à sa place, je n’aurais pu continuer à donner le médicament ordonné par l’étude (AZT) lors de la découverte des effets nocifs. Il s’agit de vies humaines et les médecins responsables de l’étude semblent avoir ignoré ses mêmes effets pour des bénéfices strictement personnels qui leur étaient attribués par la compagnie pharmaceutique.

Je préfèrerais mettre ma vie professionnelle de côté, car en tant que médecin mon but premier serait d’améliorer la vie des gens que je soigne. Il est certain que les médicaments que recommandent Ron Woodrof sont illégaux, mais le fait de vivre avec de possible mort sur la conscience en offrant des médicaments nocifs à des patients est bien plus important à mes yeux et je ne pourrais me le pardonner.

Catherine Théberge

Anne-Julie Lefebvre a dit…

J'abonde dans le même sens que Catherine, car les vies humaines sont précieuses et il faut à tout prix les préserver. Nous accordons, qu'on le veuille ou non, une confiance aveugle à ces médecins qui ont étudié pendant très longtemps et qui ont des connaissances sur le corps humain que nous n'avons pas.

Me mettant dans la peau de la médecin du film, je ne pourrais aucunement avoir bonne conscience sachant que je dupe mes clients qui me font entièrement confiance. Un médecin aide son prochain et aide les malades à trouver la santé ou apaiser leurs souffrances. J'aurais donc immédiatement cessé de donner le médicament nocif, car cela irait drastiquement à l'encontre de ce qu'implique être médecin.

Karine a dit…

Je suis bien d'accord avec vous. Il me semblerait, en effet, tout à fait impensable d'administrer un médicament qui risquerait de mettre en péril la vie de ces gens. Quoi que parfois, des gestes surprenants et aberrants peuvent être commis sous les ordres d'une autorité, et pour cela il n'y a qu'à penser à l'expérience menée par Stanley Milgram en 1962 et dont les résultats ne démentent pas: plus de la moitié des gens obéissent aux ordres transmis par l'autorité, malgré le fait que ces ordres ne soient pas tout à fait d'ordre moral.

Je serais alors dans l'obligation de trouver un emploi qui répond davantage à mes valeurs profondes, soit le respect de la vie humaine: je ne pourrais avoir sur la conscience la mort de toutes ces personnes.

Gabrielle Lavoie a dit…

Et je continue dans cette même lignée. Je crois que je n'aurais pas pu continuer à donner le médicament nocif. Cela irait à l'encontre de mes principes et de mes valeurs. Je ne serais pas capable de bien vivre avec ce poids sur les épaules. J'aurais de la misère à me regarder dans le miroir le matin et à me rendre à mon travail. De savoir que chaque fois que je prescrit ce médicament à un de mes patients équivaut à lui nuire davantage serait suffisant pour que je veuille quitter mon emploi. Je serais prête à mettre ma vie professionnelle de côté, car après tout, les médecins existent pour nous aider à guérir et non pas pour nous aider à mourir.

Il s'agit d'un gros dilemme. C'est loin d'être évident, car chaque personne prône des valeurs différentes. Je ne crois pas qu'il y a de bonne ou de mauvaise réponse dans ce cas-ci. Il suffit simplement de suivre son coeur et sa tête.

France Lalande a dit…

Je suis également en accord avec les derniers commentaires. Je n'ai pas vu le film, mais ce geste est en contradiction avec la profession de médecin. Un médecin est formé pour guérir les gens et non de les rendre davantage malade ou de les faire mourir volontairement. Ce n'est pas éthique, mais encore moins légal.

À la place de Eve Saks, j'aurais arrêté de donner le médicament et quitter mon emploi sur-le-champ. Je ne serais pas capable d'administrer des médicaments nocifs à des patients. Je ne pourrais plus me regarder dans le miroir, car ce geste va l'encontre de mes valeurs. Je ne comprendrai jamais comment une personne peut faire une telle chose en toute connaissance de cause.

Valérie Poirier a dit…

J’ai également visionné ce film et celui-ci m’a aussi fait réfléchir. À mon avis, il me semble difficile de fermer les yeux sur le fait d’offrir un médicament que l’on sait nocif pour la santé à ses patients. Même si les patients sont atteints du VIH et qu’ils ont un risque élevé de mourir avant leur temps, ce n’est pas une raison. Un médecin se doit d’offrir les meilleurs traitements pour réussir à sauver des vies et non à nuire davantage à leur santé. Par contre, Eve Saks est prise dans un dilemme, car elle doit obéir aux règles de son supérieur et offrir ce médicament à ses patients, et ce, même si elle sait que le médicament distribué est nocif. Je crois qu’elle aurait dû se soulever avec d’autres médecins pour arrêter la distribution de ce médicament aux patients. Elle ne devait surement pas être la seule des médecins dans cette situation. Selon moi, si j’étais médecin, la qualité de vie de mes patients serait primordiale. Je ne serais pas capable de vivre avec la mort de plusieurs personnes sur ma conscience, en sachant qu’il existait des médicaments non nocifs et meilleurs.

De plus, je crois que les patients atteints du VIH auraient préféré être au courant des traitements offerts par Woodrof de la part de Eve Saks. Ils auraient en effet eu une meilleure qualité de vie. Il est mieux d’essayer d’offrir des médicaments qui sont adaptés aux patients et illégaux, comme le fait Ron Woodrof, que d’offrir de mauvais médicaments. Woodrof prend le risque d’offrir des médicaments qui ont fonctionné pour lui et qui ne sont pas nocifs pour sa santé. En effet, grâce à ces traitements, il a pu survivre plus longtemps.

Valérie Poirier

Andréane Lespérance a dit…

Je poursuis sur la même lancée. Les médicaments qui étaient remis aux patients étaient nocifs pour la santé des gens. Un médecin se doit de veiller au bien-être de ses patients et ceux-ci, par le fait même, lui font totalement confiance.

Comme la plupart de mes collègues, je n'aurais pu continuer à exercer ma profession en sachant pertinemment que je trompais les gens qui avaient confiance en moi.

Bien entendu, je comprends également que la médecin se trouvait dans une position personnelle et professionnelle très difficile. Le fait que les médicaments utilisés par Woodrof étaient illégaux aux États-Unis n'aide également pas, mais je n'aurais pas été capable de fournir les médicaments nocifs en sachant que mettait la vie des autres en danger. Bref, il s'agit effectivement d'un gros dilemme.

Geneviève Beaulieu a dit…

J’ai aussi vu ce film et je continue dans la même lancée que vous tous. Pour ma part, j’aurais pris le risque de perdre mon emploi. En sachant que le médicament administré aux patients nuit à leur santé, j’arrêterais sur le champ à faire l’administration de celui-ci. On ne peut pas jouer avec la vie humaine. En tant que médecin, leur but, est d’améliorer la vie des gens et non de la démolir. Il est plus important à mes yeux de sauver leur vie que de la détruire, c’est pourquoi je prendrais le risque de perdre mon emploi.

Geneviève Beaulieu a dit…
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