vendredi 13 septembre 2013

Combat intérieur


Alors voilà, je casse la glace pour la session Automne 2013 !

Dans le texte « Les valeurs » qui était à lire pour la séance du 12 septembre, l’auteure Florence Piron parle des valeurs d’une même société qui parfois s’opposent. L’exemple donné est très révélateur : «
les États contemporains sont souvent confrontés à deux valeurs opposées: la protection de l'environnement dans son intégrité et le développement économique basé sur l'exploitation des ressources naturelles ». Cette phrase révèle exactement le combat intérieur que je vis lorsque ces deux sujets me viennent à l’esprit.

Je suis quelqu’un de très intéressé à la politique. Mes idéologies se rangent du côté de la gauche, étant un progressiste qui croit en l'égalité. L’environnement n’est pas l’enjeu qui me passionne le plus, mais je prône sa protection. J’ai toujours aimé le proverbe indien qui dit : « Nous n'avons pas hérité de la terre de nos ancêtres, nous avons plutôt emprunté la terre de nos enfants ». Bien qu’idéaliste, ce proverbe renvoie au fait que nous devons penser aux générations futures qui auront à vivre avec nos choix de société en matière d’environnement. Cependant, nous vivons à une époque où, malheureusement, le pétrole est encore une ressource exploitée qui est très payante.

D’un côté, je me dis que l’exploitation du pétrole est néfaste pour l’environnement. Par contre, de l’autre côté, je me dis que si le Québec décidait d’exploiter cet or noir, nous pourrions assurer la santé économique de notre province. De cette façon, nous ne lèguerions pas une lourde dette à nos enfants comme l'ont fait les générations passées.

Mes valeurs sont donc en contradiction interne. D’instinct, je me dis qu’éthiquement, la protection de l’environnement devrait être notre priorité. Par contre, le fier Québécois en moi me dit que la santé économique de notre province nous donnerait beaucoup de munitions quand vient le temps de discuter avec Ottawa. Bien que je connaisse la richesse culturelle du Québec et son appart dans la culture « canadienne », je viens frustrer d’entendre le ROC nous dire que nous sommes une province pauvre qui ne fait que bénéficier de la péréquation.

Je suis donc en situation de combat intérieur sur mes valeurs : Devons-nous léguer à nos enfants un pays pollué, ou un pays endetté ?
Je suis tout à fait conscient que des énergies propres voient le jour, mais je suis également conscient que dans le moment présent, celles-ci ne sont malheureusement pas encore intéressantes (économiquement) pour nos gouvernements...


Si ce billet sur le "combat pétrole-environnement" m'a permis d'enregistrer ma première participation à ce blogue, puisse ce billet vous permettre d'enregistrer vos premiers commentaires.
Suis-je le seul à vivre
cette contradiction intérieure ?

6 commentaires:

Unknown a dit…

Vendredi, 13 septembre 2013


Je trouve ce « combat intérieur » très intéressant et plutôt d’actualité. Ce débat déchirant entre la protection de l’environnement et la survie économique d’une région, d’une province ou d’un pays est toujours un sujet chaud.

La position de Yannick à cet égard m’a rappelé le cas de l’île d’Anticosti. Si l’on remonte en 2011, on se souvient que cette région québécoise avait soulevé de fortes discussions au cœur du Salon bleu. Alors que le gouvernement de Jean Charest avait pris la décision de céder les droits d’exploration pétrolière de l’île à la société Pétrolia quelques années auparavant, l’opposition péquiste l’accusait de cette action en déclarant qu’il s’agissait d’une « vente à rabais » puisque l’île en question était en fait une véritable mine d’or… noire. Des études de terrain avaient effectivement révélé que plusieurs milliards de barils de pétrole potentiels s’y cachaient.

Plusieurs faux pas plus ou moins éthiques étaient ressortis de cette histoire. Tout d’abord, d’un point de vue politique, M. Charest refusait de révéler les redevances qu’il avait obtenues lors de la transaction, mais ne manquait pas d’affirmer que cette dernière s’était effectuée conformément aux intérêts des Québécois. Plutôt contradictoire et peu transparent, pourtant.

Autre point apporté lors des discussions en chambre, Pauline Marois, alors chef de l’opposition officielle, était visiblement offusquée de la vente et déclarait que le gouvernement avait « abandonné nos ressources ». Cependant, à la même époque, Mme Marois revendiquait des moratoires sur, entre autres, le gaz de schiste. Cela lui avait valu des reproches du Parti Libéral quant à son « manque de cohérence ». Quelles valeurs animaient alors Mme Marois ? S’agissait-il vraiment d’un souci environnemental ou d’un désir de représailles envers le gouvernement Charest?

Des cas comme celui-ci me font réfléchir sur les valeurs qu’adoptent les politiciens sur la scène publique. À quel point les valeurs individuelles de chaque personne prennent-elle le dessus sur les valeurs plutôt « publiques » ? À quel point sont-ils prêts à sacrifier certaines choses dans l’intérêt public et commun des citoyens au détriment de leur propre intérêt ? Avec tous les scandales sur la corruption dans les derniers mois, je crois qu’il est nécessaire de se pencher sur la question de l’éthique et des valeurs en milieu politique.

Unknown a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Unknown a dit…


Yannick,
Je vis également ce dilemme intérieur dont tu fais mention et je crois que c’est le cas de plusieurs. Le dilemme est d’autant plus grand quand l’on réalise que l’un affecte nécessairement l’autre d’autant plus qu’ils me semblent pratiquement indissociables. Toutefois, contrairement à toi, je penche plus vers le côté environnemental qu’économique. Je suis de ceux qui croient que l’environnement doit passer en premier plan et qu’il est plus que temps que les gouvernements emboîtent le pas des énergies plus vertes. Je ne crois pas que l’on doit négliger l’un afin de pouvoir bénéficier de l’autre. Selon moi, il est possible d’être économiquement viable en exploitant autrement nos ressources. La peur du changement est, à mon avis, le bâton qui entrave la roue. La question est : sommes-nous prêts à mettre les efforts requis?

Marie-Philippe Gaudreau a dit…

Bonjour Yannick, je vis le même dilemme que toi, mais je suis plutôt en accord avec ce que Roxanne dit. Je penche aussi du côté de l’enjeu environnemental, car je me dis que la protection de la planète l’emporte sur l’économie. Que deviendrons-nous si notre planète est en danger? Un gouvernement peut toujours trouver d’autres solutions pour améliorer la conjoncture économique, tandis que la planète est laissée à elle même. Comme déjà mentionné, le gouvernement devrait se concentrer sur des solutions plus vertes dans le but de préserver la planète le plus longtemps possible. Avec l’arrivée des changements climatiques, se préoccuper de l’environnement est d’autant plus primordial. Cependant, il faut mettre les efforts nécessaires individuellement et collectivement. Mieux vaut une planète en santé qu’un pays endetté…

Unknown a dit…

Ce conflit n’est pas seulement le tien Yannick, il est également le conflit de la majorité de la population. Pourquoi? Parce que nous en parlons sur la place publique à longueur d’année. Plus particulièrement, les écologistes et les grandes compagnies en parlent continuellement dans les médias. Depuis quelques années, ces deux adversaires nous poussent à prendre part à ce dilemme et se battent dans le but de convaincre le public de choisir un camp (l’écologie ou l’économie). En plus de tenir des discours complètement contradictoires, ils n'hésitent pas à exagérer les faits.

En tant que finissant universitaire, il peut être difficile de choisir son camp. Certains d’entre nous pensent peut-être à travailler pour une de ces grandes compagnies, et ce, avec raison (avantages sociaux, bons salaires, etc.). Malgré tout, je reste convaincue qu’il est plus important de léguer une planète en santé à nos enfants que de leur léguer de l’argent. L’économie est variable et pourra toujours se redresser. Pas la planète. De toute façon, à quoi sert de léguer de l’argent à nos enfants si nous ne pouvons leur assurer qu’ils survivront sur une planète polluée?

Je me permettrais de faire une ouverture en soulignant que la pollution de la planète n’est pas la seule pollution qu’ont produite les grandes compagnies et le système financier actuel. En ce moment même, nos mœurs sont polluées par le besoin d’argent qu’entraine notre système économique. L’État et les compagnies veulent toujours renflouer leur coffre, quitte à faire de l’argent sur le dos des citoyens. Je crois que cette raison me convainc à elle seule que notre système économique, tel qu’il est présentement, ne vaut pas la peine d’être légué à mes enfants.

Unknown a dit…

Je suis tout à fait d’accord avec toi Yannick. Il s’agit probablement de l’un des plus grands dilemmes auquel notre société fait face. Tout comme les précédentes réponses, je suis d’accord qu’il faut privilégier la protection de notre environnement. Par contre, je dois avouer que l’argent occupe une place très importante pour beaucoup de gens lorsqu’on leur demande de hiérarchiser leurs valeurs. Cependant, la réponse à ton interrogation est pourtant simple, à quoi bon laisser de la richesse aux générations futures si l’héritage que nous leur léguons est une planète qui se meurt.

Par ailleurs, à tous les Nouvel An, ne souhaitons-nous pas la santé et la prospérité à notre prochain? Il y a sûrement une raison pour que cela se dise dans cet ordre. Bref, si cela peut s’appliquer à notre planète, donnons-lui la santé et ensuite nous travaillerons à la rendre plus riche.