Au cours de mon stage, j’ai à interagir avec les invités que
nous recevons aux différentes émissions auxquelles je suis attitrée. Il y a quelques
semaines, nous avons reçu un ancien journaliste qui vend maintenant des
voitures pour le concessionnaire de son fils. Il racontait qu’il avait été remercié après des années
de travail pour un même média d'information puisqu’il n’arrivait plus à suivre le nouveau rythme imposé aux
journalistes.
Tout en essayant de ne « pas trop me faire peur », il me
décrivait le nouveau journalisme hyperperformant et multiplateforme qui gagne
de plus en plus de terrain. On le sait, on nous le raconte dans nos cours, les
journalistes sont de plus en plus invités à écrire le plus de papiers
possibles, le plus rapidement possible, et même à partir caméra à l’épaule et
de faire la production de matériel audio, vidéo et écrit. C’est la nouvelle
réalité et il faut s’y préparer. Mais, il y a de quoi réfléchir.
Est-ce que la quantité et la rapidité d’exécution sont plus
importantes que la qualité de l’information? Bien sûr que non! Mais, dans on
contexte où on court contre la montre, c’est évident qu’un élément dans la
chaine de production de l’information en prend un coup! Que ce soit la qualité
technique, les questions, l’information recueillie, la rigueur de la recherche,
etc. D’ailleurs, mon superviseur de stage disait : « Si tu pars tout seul
avec ta caméra pour faire une entrevue… faut que tu sois alerte de l’image, du
contenu, du son! Alors, au final, soit t’as un produit visuellement beau, soit
t’as du contenu. Essaie de faire des réglages avec ta caméra tout en ayant un
excellent contrôle de ton entrevue… pas aussi facile à dire qu’à faire! »
Je suis d’accord avec lui. Étant moi-même très peu habille
avec une caméra entre les mains, c’est évident que je ne serais pas capable de
rendre un produit également attrayant au niveau du contenu et du contenant!
Ainsi, ça pose vraisemblablement un problème aux niveaux déontologique et
éthique à savoir si on est capable de livrer une information de qualité tout en
étant toujours de plus en plus pressé dans notre temps et nos performances. Je
me demande même jusqu’où vont nos limites en tant qu’être humain, tout
simplement! On nous a remplacés dans les usines par des machines, des robots et
des ordinateurs. Dans un contexte de cueillette de l’information, de création
ou bien de relations interpersonnelles, le principe de performance a des
limites.
Bien sûr, la problématique est complexe, et dans une
situation de grands changements dans les médias, il y a beaucoup d’essais et
d’erreurs. Avec Internet, l’ensemble de nos vies a changé, et c’est franchement
passionnant de voir toutes ces évolutions en tant qu’étudiante en
communication!
Je vous invite à consulter l'article Convergence, multiplateforme et déclin du journalisme indépendant écrit par Anne Caroline Desplantes qui soulève quelques enjeux reliés à la nouvelle situation des journalistes.
Convergence,
multiplateforme et déclin du journalisme indépendant - See more at:
http://projetj.ca/article/convergence-multiplateforme-et-declin-du-journalisme-independant#sthash.ZzpM7bcg.dpuf
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1 commentaire:
Je suis d’accord avec toi. J’ai d’ailleurs lu un texte dans le cadre du cours Économie des médias qui portait sur ce sujet. L’auteur avait une opinion semblable à la tienne.
L’auteur disait que les ressources d’information ont été démultipliées et que les journalistes sont devenus pluri-supports. Il disait que l’information ne revêt aujourd’hui un réel intérêt que si elle donne des photos et des images en direct. L’auteur expliquait que la complexité et la nuance d’une nouvelle ne sont cependant pas compatibles avec la logique de l’urgence de plus en plus présente dans les médias. « Informer, c’est hiérarchiser, vérifier et évaluer, c’est mettre de l’ordre dans le chaos du monde. » (Rieffel, 2008 : 101) Selon lui, le culte de la rapidité peut être un risque pour l’information qui pourrait être réduite à une succession de faits sans contextualisation.
Je crois aussi que le monde du journalisme est en pleine évolution et qu’il y a plusieurs dangers qui pourraient compromettre la qualité de l’information. L’arrivée de l’Internet et les innovations technologiques ont amené beaucoup de changement dans la pratique du journalisme. Il ne faut cependant pas que la qualité disparaisse.
Rieffel, Rémy. 2008. « Les métamorphoses de l’information : de sa production à sa coproduction ». Culture Web : création, contenus, économie numérique. Paris : Éditions Dalloz. p.97-117
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